About Michel Chiha

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About Chiha Foundation

Le Jour

…Literature is an excellent vehicle to unobtrusively express political opinions without actually being in politics…

Discourse by Andromache to Othello” M.C., Le Jour, 20th November 1943

Alors que les efforts discrets mais constants de Michel Chiha pour faire avancer les intérêts du Liban auprès des autorités du mandat se sont poursuivis sans relâche, en tant que penseur politique à part entière et tout comme il avait déjà commencé en Égypte, il a exprimé son opinion et ses pensées à travers une production gargantuesque d’éditoriaux quotidiens. publié pour la première fois dans Le Réveil d’Alexander Khoury, le seul quotidien francophone imprimé à Beyrouth à l’époque.

 » …Il ne faut pas hésiter à aborder les grands sujets avec le lectorat d’un quotidien. Un tel parti pris limiterait leur intérêt au communautaire ou au banal. Agir ainsi serait offensant pour tous les citoyens… « 

‘ La prose quotidienne », M.C., Le Jour, 21 mars 1944

En 1933-1934, une série de problèmes nationaux l’a incité à exprimer ses opinions de manière plus constructive en publiant des essais d’actualité par le biais d’un canal régulier déterminé à être informatif ainsi qu’à exposer la réalité des événements politiques de l’époque. En 1937, il rachète le journal Le Jour fondé en 1934 par Charles Ammoun et Mohammad Aboud Abd el-Razzak. Son intention expresse était de créer une plate-forme pour la discussion ouverte des problèmes quotidiens auxquels sont confrontés les Libanais ainsi que de fournir au milieu politique français une version éclairée de la politique libanaise. Charles Helou en fut, jusqu’en 1946, le rédacteur en chef jusqu’à sa nomination comme ambassadeur du Liban près le Saint-Siège à Rome. Il a ensuite occupé deux postes ministériels et, en temps voulu, a été élu président de la République libanaise en 1964.

De par son soutien au candidat à la présidentielle, Béchara el-Khoury Le Jour s’est fait connaître par ses joutes éditoriales avec son rival L’Orient, qui a soutenu la candidature d’Emile Eddé et donné le ton et l’étendard d’une presse éclairée réputée dans tout le région pour sa liberté d’expression. En 1943, lorsque le Liban a déclaré son indépendance, Michel Chiha avait déjà publié plusieurs milliers d’articles dialectiques très serrés révélant avec une précision incisive sa vision particulière du contemporain ainsi que des effets à long terme d’un Levant politiquement indépendant en plein essor. Il a continué à écrire et à publier sans cesse jusqu’à sa mort en 1954.

Sous sa direction, Le Jour a défendu une nouvelle langue vernaculaire politique et un nouvel ensemble de principes qui devaient devenir un critère commun comme la notion du Liban comme nation des «minorités collaboratrices» ou du Liban comme «État paradisiaque», etc. sachant qu’il ne s’avérera jamais être une entreprise commerciale viable, Michel Chiha assume néanmoins personnellement les déficits financiers de Le Jour. Il croyait en la nécessité d’une presse légitime et neutre sans compromis avec sa propre plate-forme inattaquable où les questions nationales et communales pourraient être débattues et explorées dans l’intérêt du pays. Il écrira un grand nombre d’éditoriaux de premier plan exposant constamment, au fil des ans, ses opinions politiques inébranlables.

Le journal « Le Jour » est resté sous le contrôle de la famille Chiha pendant 33 ans. Il est vendu en 1970, seize ans après la mort de Michel Chiha, lorsqu’il fusionne avec L’Orient pour devenir L’Orient-Le Jour sous la direction de son rédacteur en chef Georges Naccache qui dirigera le journal jusqu’à sa mort le 8 mai 1972. Il reste en circulation à ce jour.

« … Dans un pays comme le nôtre, où peu ou rien n’est jamais débattu au Parlement, la presse doit agir comme un contrepoids crucial même si le gouvernement essaie activement de la réduire à son état déplorable actuel de servilité ou de l’utiliser comme plate-forme pour le gouvernement. tollé »

M.C, Le Jour, 19 juillet 1950