About Michel Chiha

Family, Childhood, Career

About Chiha Foundation

Collègues et Amis

Exacerbés qu’ils étaient par les enjeux régionaux, à savoir les intrigues inspirées par Damas, la rivalité franco-britannique et l’ingérence américaine (la mission King-Crane), les divisions politiques et les conflits d’intérêts ont entravé la création du Liban. Même le gouvernement français, fidèle protecteur des chrétiens libanais, a hésité dans ses choix entre les différentes options.

Fondamentalement, Michel Chiha, en tant qu’architecte en chef de cette nation embryonnaire, a pu aller de l’avant avec ses plans de décentralisation progressive vers l’indépendance du Liban, en partie parce que lui et Robert de Caix, chef adjoint du général Henri Gouraud (8 octobre 1919 au 19 avril 1923) avait une relation de travail étroite basée sur le respect mutuel.

En fait, les deux devaient jouer un rôle central dans l’orientation de la politique française au Liban à cette période cruciale. Non conventionnel, curieux, bien informé, diligent et politiquement astucieux, Robert de Caix a activement cherché à élargir ses contacts avec les éléments les plus progressistes du pays opérant au-delà des contraintes des canaux officiels.

Dans la mesure du possible, de Caix s’engageait avec enthousiasme auprès de jeunes penseurs politiques libanais éclairés, loin des cercles politiques et sociaux plus établis de Beyrouth. Michel Chiha était l’un de ces jeunes penseurs éclairés qui plaisait le plus à de Caix en grande partie à cause de sa manière affable, de son érudition et de sa profonde perspicacité politique.

Des sources factuelles confirment que leurs discussions régulières et prolongées sur les multiples aspects d’un futur État libanais, y compris le facteur d’une Syrie panarabe adjacente, ont joué un rôle décisif dans la proclamation d’un Grand Liban, ses frontières géographiques et ses institutions étatiques.

Après le départ des généraux Henri Gouraud et Robert de Caix, Michel Chiha noue une relation cordiale similaire par des contacts étroits et réguliers avec le nouveau haut-commissaire, le général Maxime Weygand (19 avril 1923 – 2 janvier 1925) qui est conquis par la franchise et l’impartialité du jeune homme, caractéristiques que l’on ne retrouve généralement pas dans ses relations avec les politiciens locaux. En tout état de cause, les deux hommes étaient des alliés naturels partageant non seulement une foi commune mais aussi la même éthique et des principes communs.

Les archives montrent que parmi une profusion d’amis et de collègues personnels, Michel Chiha a également correspondu étroitement avec d’éminents archéologues tels que le père René Mouterde, Henri Seyrig et Maurice Dunand ainsi qu’avec les auteurs Pierre Benoit et Paul Claudel.

Un extrait de la nécrologie de Michel Chiha sur Omar Bey Daouk

“ … Mon ami récemment décédé avait toutes les caractéristiques d’un sage. Tant en privé qu’en public, il était un citoyen honnête. Nous étions tous les deux membres du premier comité qui a vu à la naissance de la Constitution de notre nation. Il était connu pour son discernement tranquille, son respect des droits d’autrui, pour sa parfaite compréhension de la multiplicité du pays, son sens de l’harmonie et sa reconnaissance des avantages politiques et sociaux que le Grand Liban offrait à tous ses citoyens. Il y voyait les possibilités d’une société multicommunautaire. Plus à l’aise dans les coulisses, ses conseils sont souvent sollicités en matière d’État ou d’affaires. La nation se souviendra toujours de ce qu’il représentait et sera toujours reconnaissante pour les contributions publiques de cet homme exemplaire… “

‘ Omar Bey Daouk », M.C., Le Jour, novembre 1949.

Un extrait de la nécrologie de Michel Chiha sur Pierre Trad

“ …Pierre Trad était un romantique incurable et démodé. Il a préféré « Petro » à « Pierre ». Avocat de formation, il s’est essayé aux arts, mais lorsqu’il a été appelé, ce parlementaire dévoué de longue date a travaillé avec diligence dans l’intérêt de son pays. Nommé aux hautes fonctions, il s’est montré digne de la confiance placée en lui. Il restera à jamais dans les mémoires pour son rôle dans les périodes turbulentes et difficiles de l’histoire de son pays, ainsi que pour son grand cœur et sa bonté… “

‘ Un cher ami disparu : Pierre Trad », M.C., Le Jour, 8 avril 1948

Pierre Trad (1876-1948) a été chef de l’État entre juillet et septembre 1943. Il a été l’un des premiers superviseurs qui a supervisé les élections à la Chambre des représentants dont le résultat a abouti à l’élection de Béchara al-Khoury à la présidence de la République libanaise. .